Une boîte manuelle, un V8 sans la moindre assistance électrique, la propulsion et un nouveau visage pour toute la marque : McLaren a choisi 2026 pour regarder dans le rétroviseur… sans lever le pied.
Chaque mois d’août, la péninsule de Monterey devient le centre du monde pour qui a de l’essence dans les veines. Concours d’élégance, ventes aux enchères à neuf chiffres, premières mondiales : la Car Week californienne n’a guère qu’un rival, le Goodwood Festival of Speed, chacun dans son style. Cette année, c’est un concept orange au profil bas qui a fait tourner les têtes. Son nom : McLaren McL 6GT. Son argument massue, on ne l’espérait plus chez Woking : une troisième pédale.

La McLaren McL 6GT, dernière du nom.
Manuelle, thermique, propulsion : la sainte trinité
Il faut remonter à 1992 pour trouver la dernière McLaren de route à boîte mécanique. Et pas n’importe laquelle : la F1, l’icône absolue, celle qui hante encore les rêves de toute un génération. Trente-quatre ans plus tard, la McL 6GT reprend le flambeau, sans pour autant copier son illustre aînée : ni sa silhouette, ni son V12 d’origine BMW ne sont au programme.
À la place, McLaren annonce un V8 « à l’ancienne », sans hybridation, qui enverra toute sa puissance aux seules roues arrière. Pas de moteur électrique pour combler les trous, pas de transmission à double embrayage pour passer les rapports à votre place. À l’heure où la plupart des supercars se transforment en démonstrateurs technologiques, la recette a presque quelque chose de subversif.
- Boîte : manuelle, avec tringlerie apparente
- Moteur : V8 100 % thermique
- Transmission : propulsion
- Direction : assistance hydraulique

La boîte manuelle à tringlerie apparente.
Un hommage à la toute première McLaren de route
Côté style, la filiation est revendiquée : la McL 6GT puise son inspiration dans la M6GT, le premier projet de voiture routière imaginé par Bruce McLaren lui-même à la fin des années 1960. On retrouve des courbes généreuses, une poupe coupée net et une garde au toit réduite au strict nécessaire. Le genre de silhouette qui semble filer à 200 km/h à l’arrêt.

La McLaren M6GT originale de 1969.
McLaren McL 6GT : le retour de la pédale d’embrayage et une marque qui se réinvente
À bord, la sobriété est de mise. Le levier de vitesses jaillit de la console centrale et laisse voir sa mécanique, comme une pièce d’horlogerie exposée. Oui, il y a bien un combiné numérique et quelques commandes tactiles, mais ils restent discrets et ne cherchent jamais à voler la vedette au véritable héros de l’habitacle.
Dernier détail qui en dit long sur les intentions : la direction à assistance hydraulique. Un choix devenu rarissime, qui promet un ressenti de la route bien plus riche qu’avec une assistance électrique. Bref, une voiture pensée pour être conduite, pas seulement pilotée par logiciel. Seul bémol, et non des moindres : ce nom.
« McL 6GT » sonne davantage comme une référence de catalogue que comme une promesse de frissons. Espérons que Woking le peaufine d’ici la version de série.

Le retour de la pédale d’embrayage sur la McL 6GT.
Un concept aujourd’hui, une réalité en 2028
Pas d’emballement prématuré : la voiture exposée à Monterey reste un concept. Mais McLaren a déjà confirmé une version de série pour 2028, et surtout qu’elle conservera sa boîte manuelle. C’est la promesse qui compte.
Pour le reste, les inconnues sont nombreuses. Production limitée ou non ? Puissance, poids, performances ? Rien n’a encore filtré. Quant au prix, il faudra sans doute compter au moins un million d’euros. Autant dire que les collectionneurs croisés sur les pelouses de Pebble Beach ont probablement déjà décroché leur téléphone pour appeler Woking.
McLaren change de visage
La McL 6GT n’est que la partie émergée d’un mouvement plus large. McLaren vient de dévoiler sa nouvelle identité de marque, la première refonte d’envergure de son image.
Pour la première fois, McLaren Automotive et McLaren Racing partagent un même langage visuel.
Le calendrier n’a rien d’un hasard. L’année 2026 est déjà riche pour la marque : sa 1 000e course en Formule 1, l’annonce d’une Hypercar engagée en Championnat du monde d’Endurance (WEC), et un investissement d’environ 580 millions d’euros pour augmenter la production au Royaume-Uni.
Un logo né dans une station-service
Le cœur de cette nouvelle identité est un lettrage McLaren redessiné. Son inspiration : l’enseigne qui coiffait autrefois la station-service familiale de Remuera, dans la banlieue d’Auckland, en Nouvelle-Zélande. C’est là, dans le garage tenu par ses parents Les et Ruth, que le jeune Bruce McLaren a construit la voiture de sa toute première victoire en course.
Difficile de trouver plus authentique comme point de départ.
Ce qui ne bouge pas
Que les puristes se rassurent : les fondamentaux restent en place.
Le Speedmark, l’un des emblèmes les plus reconnaissables de l’histoire de la marque, garde une place centrale. L’orange Papaya reste la signature maison, désormais entouré d’une palette élargie qui puise dans les grands moments de l’histoire McLaren. Le Speedy Kiwi, clin d’œil aux racines néo-zélandaises du fondateur, continue de veiller sur la marque.
Côté direction, David Woodhouse, Chief Creative Officer de McLaren Automotive, voit dans cette évolution l’incarnation de l’ambition et de l’élan créatif qui portent l’entreprise.
Lou McEwen, Chief Marketing Officer de McLaren Racing, insiste, de son côté, sur le pont jeté entre l’héritage et les ambitions à venir.

Le « Speedy Kiwi », élément central de la nouvelle image de marque de McLaren.
Et après ? Un SUV à l’horizon
Ce rebranding vient clore une année entièrement tournée vers les origines, de la célébration de la M6GT originelle à la présentation de son héritière moderne. Mais McLaren ne compte pas s’arrêter à la nostalgie. La marque a confirmé vouloir élargir sa gamme au-delà des sportives biplaces, avec un SUV à venir. Un virage majeur pour le constructeur de Woking, qui suit la voie ouverte avant lui par Lamborghini, Ferrari ou Aston Martin.
Le mot de Garage Confidentiel
Il y a quelque chose de réjouissant à voir une marque aussi tournée vers la technologie que McLaren rendre ses lettres de noblesse au trio levier, embrayage et volant bavard.
Reste à savoir si la McL 6GT de série tiendra toutes ses promesses, et combien d’entre nous auront la chance de la croiser ailleurs que sur Instagram. Rendez-vous en 2028. Et d’ici là, on croise les doigts pour un nouveau nom ?

